Apple veut-il transformer ou s’approprier le monde scolaire ?
22. janvier 2012
Phil Schiller a présenté cette semaine à New York la première Keynote d’Apple pour 2012. Au programme, deux logiciels pour un sujet qui était cher à Steve Jobs : l’enseignement. D’un côté iBooks 2, un lecteur de livres numériques, et de l’autre côté, iBooks Author, une application permettant à tout le monde de créer des livres interactifs. L’objectif : remplacer les vieux livres scolaires trop lourds, encombrants et dépassés dès leur impression, par des iPad.
Des livres scolaires sur tablette tactile
Les 600 grammes d’un iPad peuvent contenir des dizaines de livres virtuels, et ces livres virtuels peuvent être mis à jour régulièrement, contrairement aux livres traditionnels que Phil Schiller décrit comme dépassés dès qu’ils sont imprimés. Et les avantages d’une tablette tactile ne s’arrêtent pas là. Avec une tablette tactile, les livres deviennent interactifs. L’application iBooks 2 est capable de lire des livres interactifs :
- Plus léger que les livres traditionnels
- Mis à jour en permanence
- Doté d’images de qualité qui peuvent être agrandies ou réduites
- Permettant des interactions, des questionnaires, des exercices
- Intégrant des vidéos
- Pouvant intégrer des jeux pédagogiques
On peut imaginer encore bien d’autres applications mises au service de l’enseignement. Plus d’1,5 millions d’iPad seraient déjà utilisés dans le milieu scolaire. Ces tablettes sont un outil puissant qui trouve déjà une place grandissante dans l’enseignement supérieur et pourrait effectivement trouver une place dans l’enseignement secondaire.
Apple, des outils verrouillés
Si iBook 2 et iBook Author semblent être de merveilleux outils pour l’enseignement, c’est au niveau des conditions d’utilisation que le tableau se terni :
- Créer un livre avec iBook Author nécessite d’être équipé de matériel Apple
- Ces livres interactifs ne sont lisibles que sur du matériel Apple
- Ces livres interactifs ne peuvent être diffusés que sur la plateforme Apple
- La plateforme Apple prélève 30% des revenus à chaque vente
Autrement dit, tout est lié, tout le monde doit être entièrement équipé chez Apple, d’une part, et tout le monde doit rester chez Apple d’autre part. En effet, changer de marque signifie perdre tout ce qui a été créé. Il devient rapidement impossible de changer. Ces verrous rendent les utilisateurs dépendants et permettent à Apple de pérenniser ses revenus… mais ont-ils vraiment leur place dans l’enseignement ?
Conclusion
Apple a pour habitude de nous présenter des technologies innovantes et accessibles. Ces outils ont très certainement un rôle à jouer dans l’enseignement. En revanche, la politique commerciale d’Apple est-elle acceptable dans l’enseignement ? Ces verrous qui restreignent les libertés des utilisateurs sont-ils acceptables dans le monde scolaire ?
